Les commentaires de cet article ont souvent été décalés, je recommande de bien le lire pour ne pas faire de contre - sens: Finkielkraut est l'un des seuls à dénoncer avec tant de justesse, l'emprise qui touche la France, mais cette fois - ci, je montre mon désaccord avec lui. C'est moi qui parle d' "islamisation de la France", pas lui, et je crois qu'il n'y a pas de racisme, là - dedans. Mon analyse se fonde sur des faits, des faits d'aujourd'hui, qui n'ont rien à voir avec la situation des juifs dans les années 30 - et là dessus, Finkielkraut est d'accord. Bonne lecture.
Le dimanche 29 Mai, interrogé sur Philippe De Villiers, sur RCJ, Alain Finkielkraut répondait entre autres :
"Ce n’est pas regarder en face le problème de l’intégration des musulmans en France que de parler d’islamisation de la France, c’est au contraire ranimer des peurs enfouies, dont les juifs, en d’autres temps ont pu faire les frais. "
Mon ambition n'est pas de m'opposer à Alain Finkielkraut, auquel je n'oserais me mesurer, et qui est, sans doute, le philosophe français qui a eu le plus de courage ces dernières années pour dénoncer les risques et dangers qui menaçent notre pays. Je suis le plus souvent en accord avec lui, et nul doute, qu'il exprime ses opinions mieux que je ne le fais. Néanmoins, je me dois, par honnêteté intellectuelle et par engagement de manifester mes points de désaccords.
Or je crois qu'on peut bien parler d'islamisation de la France, sans être populiste, ni extrémiste, ni raciste, mais simplement parce que ce sont les faits. Sans entrer ici dans des débats complexes sur l'islam , je l'explique en deux raisons qui me paraisent de bon sens(et je serais honoré qu'Alain Finkielkraut me dise ce qu'il en pense).
1° Parler d'islamisation de la France, c'est tout simplement dire que le nombre de musulmans français ou résidant en France augmente, et augmente plus vite que d'autres communautés, que d'autres catégories de personnes. Cela est facile à constater: par l'immigration musulmane,légale ou ilégale, peu importe, par la démographie des musulmans, plus forte que d'autres catégories de personnes, et enfin par les conversions, qui paraît-il ne seraient pas si fortes, mais seraient tout de même de l'ordre de 30000 personnes par an, ou ces dernières années, je ne sais pas, mais là n'est pas l'essentiel.
En cela, il y a bien islamisation, lente, progressive mais certaine, de la France.
2° Parler d'islamisation de la France, c'est dire que la pratique de l'islam, quel qu'il soit cet islam, augmente chez les musulmans eux-mêmes. Pour cela, je ne donnerai qu'un exemple, connu de tous, et caracatéristique, il suffit d'y penser : le voile islamique. En 1989, une école de Mantes-la-jolie est confrontée au port du voile d'une jeune fille qui refuse de l'enlever. Déjà en 1989, il y avait progression de l'islam par rapport à avant. 14 ans plus tard, en 2003 si mes souvenirs sont bons, le phénomène s'est tellement étendu que toute la France est touchée. Il a fallu alors près d'un an de débats et une nouvelle loi pour mettre fin au port du voile à l'école publique française. Tout le monde sait cela, c'est d'une simplicité farouche, comment peut-on le nier?
Qu'on s'en fiche, qu'on le déplore ou qu'on le combatte, qu'on prête à l'islam telles ou telles intentions: tout cela est un autre débat, mais l'islamisation de la France, elle, c'est un peu comme l'écnomie de marché, c'est un fait.
Quant à la référence aux juifs, Finkielkraut n'a pas su résister, selon moi, à l'analogie avec les juifs, qui explique en grande partie, la position de nombreux juifs. Parce qu'ils savent ce que c'est que le racisme (par la forme particulière qu'est l'antisémitisme), parce qu'ils connaissent si bien l'exclusion, la stigmatisation, les juifs en ont une sainte horreur. Et, de ce fait, ils font tout pour éviter de faire de même. Ceux qui accusent les juifs d'être les nouveaux nazis n'ont rien compris à l'histoire des juifs, quant à ceux qui, juifs, tiennent ce discours à l'encontre de leurs coreligionnaires, à l'encontre de leur propre peuple, ils sont le paroxysme du phénomène que je décris. Ainsi, les juifs, dans leur ensemble, se laissent souvent dépasser par la passion, par un sentiment de lutte apparente - apparente j'insiste - contre l'exclusion. Des juifs, souvent, soutiennent les musulmans, par solidarité contre l'exclusion. Mais en l'occurence, il n'y a pas exclusion, il n'y a pas racisme, il n'y a pas populisme (pas sur ce thème, en tout cas, car Villiers peut l'être à d'autres moments). Il était véritablement délirant de parler de judaïsation de l'Europe à l'époque, il ne l'est pas de parler d'islamisation aujourd'hui.
Quelques chiffres simplement pourraient le montrer : je prendrai des chiffres actuels pour l'illustrer. Il y a aujourd'hui 1% de juifs en France, soit environ 600000 personnes, il y en avait encore moins dans les années trente, immigrés polonais compris. Selon les chiffres les plus bas, les musulmans seraient plus de 6 millions, soit 10% de la population française. Aux Etats-Unis, le pays qui comporte le plus de juifs au monde (plus même qu'en Israël), leur proportion est de 2,5%. Il y a plus de musulmans aux Etats-Unis que de juifs. En Israël même, on compte 20% d'arabes (musulmans et chrétiens compris, semble-t-il), soit environ 1,2 millions de personnes, c'est plus que les juifs en France, un pays près de trente fois plus grand.
Les juifs sont par leur histoire les ennemis de toute forme de racisme, c'est formidable, seulement il ne faudrait pas tomber dans "l'antiracisme" naïf et stupide, dont Finkielkraut, et c'est tout à son honneur, se fait le plus grand vilipendeur. Il déclarait dernièrment : "l'antiracisme sera le communisme du XXIe siècle". Vous avez sans doute raison Monsieur Finkielkraut, j'ose espèrer que vous lirez cet article pour vous rendre compte que, pour une fois, vous n'avez pas respecté vos principes. Mais l'erreur est humaine.
Gad.
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